STEPHEN FREARS

STEPHEN FREARS
Au fil de sa filmographie, Stephen Frears a su s'imposer en tant que cinéaste britannique majeur, au point de se retrouver psident du 60e Festival de Cannes.
Polar avec Gumshoe, fable sociale avec My beautiful Laundrette, drame historique culte avec Les Liaisons dangereuses, thriller fantastique avec Mary Reilly ou encore codie dramatique avec Madame Henderson présente... c'est ce qu'on peut appeler de la variété ! Frears est donc un cinéaste inclassable, dont lecent opus The Queen a été couronné d'un succès amplement mérité !


Sa filmographie, avec en couleurs les films que j'ai vus :

Gumshoe (1971)
Bloody Kids (1979)
Walter and June (1983)
The Hit (1984)
My Beautiful Laundrette (1986)
Prick up Your Ears (1987)
Sammy et Rosie s'envoient en l'air (1988)
Les Liaisons dangereuses (1989)
Les Arnaqueurs (1991)
Héros malgré lui (1993)
The Snapper (1993)
Mary Reilly (1996)
The Van (1996)
The Hi-Lo Country (1999)
High fidelity (2000)
Liam (2001)
Dirty pretty things, loin de chez eux (2003)
Madame Henderson présente (2006)
The Queen (2006)
Chéri (2009)


Il réalisera prochainement :

Bloody United


+++ Pic' by me +++
# Posté le samedi 21 avril 2007 10:10
Modifié le samedi 09 mai 2009 15:21

SUR MES LEVRES

SUR MES LEVRES
Enregistré le 22/02/07,
sur France 3, à 23h05
Vu le 16/04/07


(2001) de Jacques Audiard

Avec : Vincent Cassel, Emmanuelle Devos, Olivier Gourmet...

Carla Bhem, une jeune femme de 35 ans au physique plutôt moyen et qui porte des prothèses auditives, est secrétaire à la Sédim, une agence immobilière, mais elle est payée une misère et souffre d'un manque de considération de la part de ses employeurs. Son existence triste et solitaire va prendre une tournure différente avec l'arrivée dans la société de Paul Angéli, une nouvelle recrue de 25 ans, plutôt beau gosse, mais qui n'a aucune compétence dans la promotion immobilière. Celui-ci cherche à se réinsérer après avoir fait de la prison. Une histoire d'amour improbable, doublée de manipulation réciproque, va naître entre ces deux marginaux.

*Bien qu'il fut déjà considéré comme un jeune cinéaste talentueux grâce à ses deux premiers films Regarde les Hommes tomber (1994) et Un Héros très discret (1996), ça n'est vraiment qu'avec Sur mes Lèvres en 2001 que Jacques Audiard, fils de Michel, obtient la consécration. En effet, pas moins de neuf nominations aux César pour ce troisième opus qui oscille entre drame psychologique, comédie et thriller sombre...
*D'une part, ce scénario si riche constitue justement un atout majeur du film. Audiard y dénonce la marginalisation en s'attachant à la rencontre de deux protagonistes laissés-pour-compte : Carla, une secrétaire sourde, et Paul, un SDF et ancien taulard qu'elle embauche en tant qu'aide et qui ne tardera pas à replonger malgré lui dans quelque magouille... Après des premiers pas l'un vers l'autre plutôt maladroits et brutaux, ces deux-là vont former un tandem au sein duquel chacun met le savoir-faire qu'il a acquit "grâce" à son handicap au service de l'autre... Ainsi, le cinéaste tisse progressivement une histoire passionnante, dotée d'un suspense à fleur de peau, profonde de par le portrait des protagonistes qu'elle dresse parallèlement à l'intrigue, et même parfois saupoudrée d'un humour des plus noirs, par exemple lors de la scène où Carla embauche Paul...
*C'est également grâce à ses comédiens que le film s'avère si beau... Emmanuelle Devos, couronnée d'un César mille fois mérité, n'a jamais été aussi talentueuse que sous les traits de cette trentenaire rondouillette et sourde que l'amour poussera à dépasser ses complexes. Vincent Cassel est quant à lui surprenant, tout d'abord de par l'infinie justesse de son jeu, mais aussi de par son physique, avec lequel il sait décidément très bien jouer... En effet, il est ici à peine reconnaissable, caché sous de longs cheveux noirs et gras, lui qui avait le crâne rasé et portait des survêts' Nike dans La Haine, lui qui était si élégant dans Ocean's 12... L'alchimie entre les deux comédiens se fait ressentir lors de scènes communes tantôt légères et tantôt bouleversantes, tandis que la mise en scène virtuose du réalisateur multiplie les effets sonores et visuels et nous place au plus près des personnages, capturant ainsi parfaitement des émotions intenses, et nous poussant à éveiller nos sens...
*En bref : tant par son scénario que par ses comédiens principaux ou sa mise en scène stylisée, Sur mes Lèvres s'apparente à un film français d'une belle qualité, comme on aimerait en voir plus souvent...

Note :
4,5/5

________________________________________________________________________________

A voir aussi sur ce blog :

Avec Vincent Cassel : L'Âge de Glace 2 (voix), Shrek (voix).
Avec Olivier Gourmet : Pars vite et reviens tard.
# Posté le samedi 21 avril 2007 10:09
Modifié le vendredi 03 août 2007 13:12

THX 1138 [Director's cut]

THX 1138 [Director's cut]
Vu en VO le 28/04/07,
au cinéma Les Templiers (Montélimar), à 20h30
EN AVANT-PREMIERE NATIONALE


(1971) de George Lucas

Avec : Robert Duvall, Donald Pleasence, Pedro Colley...

Au XXVe siècle, dans une cité souterraine qui ressemble à une termitière humaine où chacun s'identifie par un code de 3 lettres et 4 chiffres, THX 1138 est un technicien tout à fait ordinaire travaillant sur une chaîne d'assemblage de policiers-robots.
Un jour, il commet pourtant un acte irréparable : lui et sa compagne LUH 3147 font l'amour dans une société qui l'interdit formellement. Pour THX 1138, c'est désormais la prison qui l'attend...


*Depuis le temps que je souhaitais découvrir le tout premier long-métrage de George Lucas, le créateur de Star Wars, la plus célèbre saga de tous les temps... C'est à présent chose faite, et de plus dans une version toute neuve, qui révèle enfin au public le THX 1138 que Lucas aurait voulu voir sortir sur les écrans en 1971...
*Justement, rappelons tout d'abord que cette oeuvre fut un échec commercial à l'époque. Cela s'explique certainement par le fait que Lucas n'était alors qu'un jeune homme fraîchement diplômé de l'USC (University of South California) dont la carrière de cinéaste ne se résumait qu'à quelques courts-métrages d'études, dont un certain THX 1138 4EB... C'est à l'issu d'un combat acharné pour réunir les financements nécessaires à sa réalisation que le long-métrage voit enfin le jour, en 1971. Et c'est une oeuvre foncièrement minimaliste que nous livre ici Lucas. Tournée dans des tunnels en chantier ou dans des souterrains abandonnés par quelque firme pharmaceutique, elle surprend par ses longs silences octroyant à l'ensemble une réelle tension, ainsi que par ses décors on ne peut plus vierges, seuls les personnages se dessinant parfois sur un fond blanc et d'apparence infinie... Dans sa director's cut, le cinéaste a ajouté des plans coupés au montage de 1971 par des producteurs impitoyables, mais également des séquences tournées plus récemment, comme par exemple celle de l'apparition de monstres vivants près de la surface. Leur forte ressemblance avec nos actuels singes renforce la crédibilité du futur imaginé par Lucas...
*Pour en venir à cet univers souterrain et claustrophobe en question, il est tout droit sorti de l'imagination du cinéaste, qui avait - rappelons-le - suivi des études d'anthropologie avant de faire du cinéma. Ce dernier fait ici ce qu'il appelle de la science-fiction "sociologique", autrement dit qui se base sur le présent pour imaginer un futur... L'univers que l'on voit dans le film s'oppose ainsi diamétralement à la grande époque "hippy" à laquelle il fut tourné. Tandis que cette période est caractérisée par le port de cheveux longs et de vêtements colorés, la prise de drogues illicites et l'amour libre, les personnages du film ont tous le crâne rasé, sont tout de blanc vêtus, forcés de prendre de la drogue et ne peuvent faire l'amour sous peine d'emprisonnement... De par sa totale opposition avec le contexte de sa sortie en salles, le film a dû avoir un impact tout à fait dérangeant et saisissant sur son public de l'époque... Bien que l'on n'en soit peut-être pas autant surpris de nos jours, le futur imaginé par Lucas garde quand même une généreuse part d'étrangeté et n'est pas sans produire un effet troublant sur nous autres spectateurs des années 2000... Ce sentiment est accentué par une mise en scène et un son déstabilisants qui multiplient les effets de style, comme par exemple dès la scène d'ouverture... Malgré le fait que le cinéaste se soit visiblement investi corps et âme pour ce premier long et que ce dernier comporte d'indéniables qualités artistiques ainsi que de multiples bonnes idées (l'imagination d'un confessionnal informatisé, entre autres, est à la fois géniale et terrifiante), je dois avouer que je n'ai pas su accrocher tant que ça à la pseudo histoire d'amour qui en constitue le scénario... On ne sait presque rien des principaux concernés, et on suit l'odyssée de THX 1138 en espérant ne pas s'endormir d'une minute à l'autre... J'avouerai volontiers que ce jugement n'est pas suffisamment argumenté, mais c'est comme ça...
*En bref : bien que son déroulement ne brille donc pas par son panache, THX 1138 demeure un classique de SF tout à fait remarquable d'un point de vue artistique, et que je vous conseille de (re)découvrir dans sa version director's cut, à paraître le 13 Juin prochain sur les écrans français...

Note :
3,5/5

________________________________________________________________________________

A voir aussi sur ce blog :

De George Lucas : Article spécial.
Avec Robert Duvall : Apocalypse now.


________________________________________________________________________________

La réplique du film :

*_J'ai toujours voulu être réel...
# Posté le lundi 16 avril 2007 14:23
Modifié le vendredi 03 août 2007 13:13

ENSEMBLE, C'EST TOUT

ENSEMBLE, C'EST TOUT
Vu le 01/04/07,
au cinéma Variétés (Nice), à 17h55


(2007) de Claude Berri

Avec : Audrey Tautou, Guillaume Canet, Laurent Stocker...

La rencontre de quatre destins croisés qui vont finir par s'apprivoiser, se connaître, s'aimer, vivre sous le même toit.
Camille fait des ménages le soir dans les bureaux et dessine avec grâce à ses heures perdues. Philibert est un jeune aristocrate féru d'histoire, timide, émotif et solitaire, il occupe un grand appartement que possède sa famille. Franck est cuisinier, viril et tendre, il aime infiniment sa grand-mère, Paulette, une vieille dame fragile et drôle.
Leurs doutes, leurs chagrins, c'est ensemble qu'ils vont apprendre à les adoucir, pour avancer, réaliser leurs rêves. Ils vont se découvrir et comprendre qu'ensemble, on est plus fort.


*L'annonce du tournage d'Ensemble, c'est tout en avait fait jubiler plus d'un. En effet, Claude Berri réalisant l'adaptation du best-seller d'Anna Gavalda et s'entourant d'Audrey Tautou et Guillaume Canet : il y avait vraiment de quoi se réjouir ! Après coup et bien qu'il reste mineur dans la filmographie du cinéaste, il faut bien reconnaître que le film est une réussite...
*On fait très vite la connaissance de quatre protagonistes en quête d'harmonie : Franck, un cuisinier en mal d'amour qui doit s'occuper de sa grand-mère, Paulette, qu'il est forcé de placer en maison de retraite, et qui vit avec Philibert, un aristocrate bègue. Lorsque ce dernier recueille Camille, une femme de ménage anorexique, la situation se complique d'avantage et la cohabitation de Franck et Camille ne tarde pas à faire des étincelles. Au fil de ce chassé-croisé, on s'attache très vite à ces quatre-là, avec leurs qualités, leurs forts mais irrésistibles caractères, leurs handicaps... Berri les filme avec beaucoup de légèreté et de tendresse et donne naissance à des scènes aussi belles que celle où Paulette pose nue pour Camille qui a entre-temps révélé un talent certain pour le dessin. Les dialogues sont aigre-doux, la musique réjouissante, la photographie agréable et les comédiens très bons. En effet, Audrey Tautou excelle une fois de plus dans un rôle qui lui va comme un gant : celui d'un petit moineau auquel on aurait froissé ses ailes et qu'on a irrésistiblement envie de soigner... Guillaume Canet n'a quant à lui jamais été aussi bon, tandis que Françoise Bertin s'avère irrésistible (Tsilla 'Tatie Danielle' Chelton avait beau avoir été pressentie pour le rôle, elle n'aurait certainement pas été aussi attendrissante, l'image de l'immonde Tatie Danielle étant gravée dans nos esprits à jamais), tout comme Laurent Stocker dont la prestation - en aristocrate bègue rêvant de théâtre - constitue à elle seule un point fort du film...
*Cependant, Ensemble, c'est tout comporte également quelques défauts, à commencer par son manque d'originalité. En effet, on a déjà vu des dizaines de fois ces personnages antipathiques se détester puis tomber finalement dans les bras l'un de l'autre. Le film ne révèle aucune inventivité dans sa forme non plus, la mise en scène étant on ne peu plus conventionnelle et le happy-end connu d'emblée... De plus, on frôle parfois la mièvrerie américaine à cause d'une flopée de bons sentiments un peu lourde...
*La conclusion restera néanmoins positive : avec ses bons sentiments et ses personnages attachants, Ensemble, c'est tout est une comédie dramatique optimiste qui s'apparente à une grande bouffée d'air frais.

Note :
3/5

________________________________________________________________________________

A voir aussi sur ce blog :

De Claude Berri : Le vieil Homme et l'Enfant.
Avec Audrey Tautou : Da Vinci Code, Hors de Prix, Un long Dimanche de Fiançailles].
Avec Guillaume Canet : Cars, Ne le dis à personne.


________________________________________________________________________________

La réplique du film :

Audrey Tautou :
*_En fait tu t'donnes des airs comme ça, mais t'es un gentil toi...
Guillaume Canet :
*_Ta gueule.
# Posté le mercredi 04 avril 2007 02:42
Modifié le samedi 29 décembre 2007 09:50

FAHRENHEIT 9/11

FAHRENHEIT 9/11
Vu en VO le 14/04/07,
en dvd


(2004) de Michael Moore

Avec son film ''Fahrenheit 911'' Michael Moore, nous livre ses réflexions sur l'état actuel de l'Amérique et nous explique notamment le rôle majeur qu'ont joué le pétrole et la cupidité après les attentats du 11 septembre.

*En Juin 2004 sort sur les écrans américains Fahrenheit 9/11, le nouveau pamphlet de Michael Moore, deux ans après le marquant Bowling for Columbine. Plus sombre mais néanmoins moins marquant que ce dernier, il a été couronné d'une Palme d'Or au Festival de Cannes et fait sensation aux Etats-Unis - réunissant plus de 115 000 000 spectateurs - mais n'a pourtant pas su assez remuer les esprits, puisque que George W. Bush fut réelu six mois plus tard...
*Dans ce nouveau documentaire, Moore tente de dénoncer au mieux les agissements détestables du président Bush et de son clan (Bush senior y compris) ainsi que son attitude d'une négligence parfois effarante à la veille des attentats du 11 Septembre 2001. Il est même question d'un trafic d'armes faramineux avec des pays du Proche-Orient, qui serait la source des évènements tragiques en question... Mais ça n'est pas tout, car réalisateur traite aussi de l'après-11 Septembre : l'effroyable manipulation des esprits, l'acharnement sur les irakiens innocents (abondance de pétrole sur leur territoire oblige...), le recrutement intensif ciblé dans les classes les plus pauvres, la violence des soldats engagés en Irak (on se croirait dans Full Metal Jacket et c'est vraiment désolant)...
*Cet exposé détaillé parvient à son but - d'ailleurs totalement assumé - : nous dégoûter de Bush. Et ce à grand renfort d'images d'archives produisant immanquablement sur nous autres spectateurs un effet dévastateur. Je pense surtout à cette vidéo nous montrant le président prendre connaissance de la chute des tours du World Trade Center alors qu'il écoute une jeune chorale et ne pas bouger de son siège, ne sachant visiblement que faire sans l'aide de ses collaborateurs... Justement et bien que je ne considère pas "Les Guignols de l'Info" comme une référence en matière d'information politique, on se rend compte avec désolation que l'incapable montré dans la célèbre émission n'est pas si différent du véritable Bush... Mais cette séquence n'en est qu'une au milieu de tant d'autres, pour la plupart accompagnées de commentaires de Moore, qui réussit admirablement bien à alterner humour et gravité. Grave, la seconde partie du documentaire l'est, c'est certain. En effet, après nous en avoir montré les rouages, elle nous plonge en plein coeur de la guerre en Irak et comporte des images qui se passent, elles, de tout commentaire tant l'immondice qu'elles révèlent est grande... Dommage cependant que l'ensemble du film ne soit pas aussi stylisé et efficace que Bowling for Columbine. La faute aussi peut-être au fait que le sujet soit ici bien plus généralisé...
*Quoiqu'il en soit, tant par son caractère culotté que par son intelligence, Fahrenheit 9/11 fait imparablement mouche.

Note :
4/5

________________________________________________________________________________

La réplique du film :

Un jeune soldat américain en Irak, embarassé :
*_Les civils, c'est dur... On ne sait pas qui est ami ou ennemi. C'est vachement plus réaliste qu'un jeu vidéo...
# Posté le mardi 03 avril 2007 14:15
Modifié le vendredi 03 août 2007 13:16