LE DOCTEUR JIVAGO ("Regards vers l'Est")

BOBBY
Enregistré en VF le 26/12/06,
sur Arte, à 20h40
Vu le 22/02/07


(1965) de David Lean

Avec : Omar Sharif, Julie Christie, Géraldine Chaplin...

Le docteur Jivago est enrôlé de force dans l'armée au début de la révolution d'Octobre. Commence un long exode qui le sépare de la femme qu'il aime. Ce médecin russe idéaliste sera ballotté dans les remous de l'histoire, entre une vie conformiste auprès de son épouse et une passion aventureuse avec sa maîtresse.

*Fort du succès international de son Lawrence d'Arabie, le britannique David Lean décide d'adapter "Le Docteur Jivago", le célèbre roman de Boris Pasternak, aux Etats-Unis. Si son film sera descendu par les critiques locales, il connaîtra un franc succès public. De plus, cette fresque historique grandiose est aujourd'hui un film culte...
*Alors que le monde était plongé en plein Guerre Froide, Lean dresse tout un portrait de la Russie, contant la naissance de l'URSS ainsi que la guerre civile des débuts de la révolution de façon très précise. En effet, des premières manifestations à Moscou jusqu'à la fin des conflits, cette sombre page de l'histoire russe nous est montrée dans les détails, suggérant des batailles mais insistant surtout sur la dureté de l'idéologie des dirigeants.
*Justement, en plus de proposer au spectateur un exposé réaliste, ce film brille d'un point de vue cinématographique. Pour en rester au visuel, notons donc que le réalisateur filme avec une élégance admirable les paysages et ses personnages, mettant ainsi ces derniers en valeur. C'est sans parler de la photographie léchée, de la magnifique bande originale alternant orchestre symphonique et instruments traditionnels russes tels que la balalaïka, ni du trio principal. Ce sont le charismatique Omar Sharif, la bouleversante Julie Christie et l'irrésistible Géraldine Chaplin qui le composent, donnant naissance à des scènes d'une émotion intense.
*En bref : Le Docteur Jivago n'a certainement pas volé son statut de film culte, car il s'apparente à un divertissement haut de gamme, doublé d'un portrait sombre mais intéressant de la Russie du début du XXe siècle.

Note :
4,5/5

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A voir aussi sur ce blog :

Cycle "Regards vers l'Est"
Avec Julie Christie : Chaleur et Poussière, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, Neverland, The secret Life of Words, Troie.
Avec Geraldine Chaplin : Parle avec elle, Week-end en Famille.


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La réplique du film :

Rod Steiger (à Omar Sharif, en parlant de Julie Christie) :
*_Elle vous intéresse ? Je vous la donne. C'est mon cadeau de mariage !

# Posté le vendredi 23 février 2007 11:47

Modifié le vendredi 25 mai 2007 05:55

EMMA L'ENTREMETTEUSE ("British stories")

EMMA L'ENTREMETTEUSE ("British stories")
Vu en VO le 14/02/07,
à la Cinémathèque de Nice, à 17h00


(1997) de Douglas McGrath

Avec : Gwyneth Paltrow, Toni Collette, Ewan McGregor...

Une jeune et jolie fille qui s'ennuie dans une petite ville de l'Angleterre du XIXe siècle se met dans la tête de chercher un mari pour sa nouvelle amie.

*En 1997, Douglas McGrath met en scène l'adaptation du roman "Emma" de Jane Austen, très certainement confiant aux suites du succès de Raison et Sentiments, une autre transposition à l'écran d'un best-seller de la célèbre romancière anglaise. Je ne pense pas qu'il y ait à débattre : Emma l'Entremetteuse est mille fois inférieur au film d'Ang Lee, que l'on se place d'un point de vue purement cinématographique ou pas...
*D'une part, ce film se révèle malheureusement être très moyen en ce qui concerne son aspect technique. En effet, si sa mise en scène est la plupart du temps sans saveur, elle s'avère parfois être carrément détestable, par exemple lors d'un plan qui voit la caméra se faufiler entre les nombreux mets d'un buffet. L'idée de départ a beau être originale et sympathique, l'image obtenue est floue et vous donne presque le tournis (notons également que cet horrible plan est très long !). Par ailleurs, on est loin de retrouver ici les magnifiques photographies dont disposent Raison et Sentiments et Orgueil et Préjugés, les deux autres adaptations des romans de moeurs d'Austen. Le film de Doug McGrath n'est quant à lui que tinté de couleurs criardes qui le font sombrer dans un kitsch du plus mauvais goût et ne s'accordant pas du tout avec l'époque de l'intrigue... Artistiquement, seuls les costumes, les coiffures des actrices et la musique constituent un réel point positif...
*Mais ça n'est pas tout, car même en ne tenant compte que de données plus abstraites, on ne parvient pas à trouver de grandes qualités à ce film. Les dialogues font très rarement mouche, l'émotion est absente et laisse sa place à un humour des plus lourdaud, et aucun personnage n'est réellement intéressant ni encore moins attachant. Pourtant, des comédiens tels que Gwyneth Paltrow, Toni Collette, Ewan McGregor ou encore Greta Scacchi auraient franchement pu faire en sorte qu'il en soit autrement... On reconnaîtra seulement un très grand charme à l'interprète principale, à défaut d'un réel talent...
*En bref : Emma l'Entremetteuse déçoit tant par son visuel que par son scénario ou le jeu de ses comédiens, et apparaît comme une comédie de moeurs gentillette mais bâclée.

Note :
2,5/5

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A voir aussi sur ce blog :

Cycle "British stories"
Avec Gwyneth Paltrow : L'Amour extra-large, Capitaine Sky et le monde de demain, Hook, ou la Revanche du Capitaine Crochet, Shakespeare in Love.
Avec Toni Collette : In her Shoes, Little Miss Sunshine, Pour un Garçon, Sixième Sens.
Avec Ewan McGregor : Article spécial

# Posté le lundi 19 février 2007 16:46

Modifié le vendredi 25 mai 2007 05:58

JULES ET JIM

JULES ET JIM
Vu le 21/02/07,
en dvd


(1962) de François Truffaut

Avec : Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre...

Paris, les années 1900 : Jules, allemand, et Jim, francais, deux amis artistes, sont épris de la même femme, Catherine. C'est Jules qui épouse Catherine. La guerre les sépare. Ils se retrouvent en 1918. Catherine n'aime plus Jules et tombe amoureuse de Jim.

*François Truffaut...un nom qui fait rêver. En 1962 sort sur les écrans Jules et Jim, le troisième long-métrage de ce monstre sacré du cinéma. Ce film culte et acclamé dans le monde entier s'apparente à un véritable chef-d'oeuvre...
*Tout d'abord, c'est une oeuvre très stylisée que nous livre ici Truffaut. A partir d'un triangle amoureux en apparence banal, il signe un film original dans sa forme, et emprunt à un dynamisme étonnant. En effet, tout y a un aspect très enjoué, que ça soit la diction incroyablement rapide et mécanique des comédiens, leurs déplacements souvent vifs (ils courent ou gambadent à maintes reprises), ou encore la mise en scène truffée d'effets de style, notamment au cours de la séquence où le personnage de Catherine est en plein délire et fait des grimaces; le film semble alors mis "sur pause" à chacune de ces dernières, pour un rendu surprenant mais également très amusant. De plus, le film apparaît dès son ouverture comme étant lyrique, et ce grâce à ses dialogues recherchés, intelligents et remarquablement écrits. Les répliques fusent à une vitesse impressionnante et sont pourtant toujours pertinentes. Ainsi, on ne peut qu'admirer le travail colossal effectué par Truffaut et son acolyte Jean Gruault de ce côté-là...
*Par ailleurs, Jules et Jim fait également partie des oeuvres incontournables de la Nouvelle Vague, tout d'abord parce qu'il est typique de ce mouvement. En effet, la plupart des scènes sont tournées en extérieur, la nature et surtout l'eau sont omniprésentes tout le long du film, et la mise en scène si originale que j'ai déjà citée plus haut marque une volonté typiquement "Nouvelle Vague" de se démarquer du cinéma français classique... Ainsi, ce film pourrait bien servir à un cours intéressant et enrichissant sur cette période si florissante du cinéma hexagonal. Mais il s'avère également être une oeuvre culte, couronnée d'un joli succès public et très appréciée par les plus grands cinéastes actuels, comme le montre le classement "They Shoot Pictures, Don't They ?" (effectué par 1300 réalisateurs, critiques et autres professionnels du monde entier qui votent pour leurs films favoris. La liste n'en regroupe pas moins de 1000 !), dans lequel elle occupe l'une des 30 premières places. Jules et Jim est aussi l'un des films les plus connus de Jeanne Moreau, qui est simplement lumineuse et inoubliable dans la peau de Catherine, jeune femme volage, lunatique, mais tout simplement LIBRE, qui prend la vie comme elle vient et selon ses envies du moment. Un personnage mythique et très osé pour l'époque au centre d'un triangle amoureux remarquablement écrit et bourré de délicieux retournements de situations, jusqu'au final magistral.
*En bref : Jules et Jim est certainement l'un des plus grands monuments du cinéma français, et ce à juste titre, car c'est une œuvre étonnement stylisée et littéralement enchanteresse que nous livre Truffaut.

Note :
5/5

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A voir aussi sur ce blog :

De François Truffaut : Tirez sur le Pianiste.
Avec Jeanne Moreau : Les Valseuses.


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La réplique du film :

Jim (Henri Serre) :
*_Ou je rêve, ou il pleut.
Catherine (Jeanne Moreau) :
*_Ou peut-être les deux...

# Posté le mercredi 14 février 2007 14:11

Modifié le vendredi 28 août 2009 13:31

PARS VITE ET REVIENS TARD

PARS VITE ET REVIENS TARD
Vu le 23/02/07,
au cinéma Le Regain (Le Teil), à 21h00


(2007) de Régis Wargnier

Avec : José Garcia, Lucas Belvaux, Marie Gillain...

Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg n'aime pas le Printemps.
Il se méfie des montées de sève, des désirs d'évasion, du déferlement des pulsions, tous ces signaux qui sonnent le retour des beaux jours...
Et il a raison Adamsberg... Sa fiancée, Camille, prend du recul, et son absence coupe les ailes du commissaire, au moment où il en aurait le plus besoin : Quelque chose vient de tomber sur la capitale, une énigme porteuse de malédiction, qui pourrait bien virer au malheur, si on ne la résout pas fissa... D'étranges signaux se répandent sur les portes des immeubles de Paris, et des mots inquiétants, mystérieux, sont lâchés à la criée sur les marchés...
Et puis arrive ce qu'Adamsberg redoutait : Un premier mort, le corps noirci, le visage figé dans une grimace de terreur, les signes de la peste... Et c'était ça qu'annonçait l'énigme, le retour du terrible fléau, mais avec une sacrée variante, il semble que quelqu'un contrôle la
maladie et la porte où il veut.


*Grâce notamment au best-seller "Pars vite et reviens tard", Fred Vargas a su s'imposer comme l'une des plus célèbres romancières françaises actuelles. Ses polars, avec leurs intrigues diablement bien ficelées, leur humour si irrésistible et leurs portraits psychologiques saisissants, ont de suite su m'emballer. C'est pourquoi j'attendais tant l'adaptation que Régis Wargnier allait faire de "Pars vite et reviens tard"... Malheureusement : grosse déception. Si le cinéaste et son équipe de scénaristes ont visiblement cherché à être les plus fidèles possibles au roman, le résultat à l'écran n'en demeure pas moins nettement inférieur au polar si génial que vous avez sûrement été nombreux à lire...
*D'une part, on peut donc quand même saluer le joli effort fait par Wargnier et les autres pour tenter de rester fidèles au roman. En effet, les protagonistes sont tous présents (à défaut d'être traités en profondeur, mais j'y reviendrai plus tard), l'intrigue est restituée dans ses grandes lignes - quoiqu'un peu modifiée, et le Paris sombre et paniqué du roman est tout à fait bien représenté à l'écran. On notera même une participation réjouissante de Claire Chazal à l'aventure "Pars vite et reviens tard", puisque lors d'une scène se déroulant au commissariat, elle apparaît à la télévision, parlant de l'enquête mené par le commissaire Adamsberg au JT. Un film totalement ancré dans son temps donc, comme le montre également la reconstitution très précise et didactique de la Brigade Criminelle parisienne, rendue possible grâce à des indications données par son véritable chef en personne !
*Malheureusement, il est impossible de nier que "Pars vite et reviens tard" est loin d'être aussi folichon à l'écran que sur le papier... Tout d'abord, les personnages sont ici dénués de tout intérêt, alors que les portraits qu'en dressait Vergas constituait l'un des aspects les plus attrayants de son roman. En effet, on s'amusait du culot du commissaire Adamsberg tout en étant touché par son amour si fort pour Camille qui le quitte; on riait des répliques cinglantes de Decambrais, d'Adamsberg ou encore de Danglard; on s'attachait très vite à Joss Le Gern, Lizbeth, Damas et les autres...bref, on prenait littéralement son pied au fil des lignes si remarquablement écrites par la romancière. Ici, étant donné que l'on ne connaît nullement les pensées pourtant si importantes des personnages, ces derniers s'apparentent à des statues de glace. C'est certainement pourquoi leurs interprètes semblent si moyens...du moins, on espère sincèrement, car on aurait autrement de quoi être déçu par des comédiens tels que José Garcia, Olivier Gourmet, Lucas Belvaux ou encore Linh Dan Pham. Au milieu de tout ceux-là, seul Michel Serrault est égal à lui-même, c'est à dire (au moins) bon. Pour finir, c'est surtout l'intrigue qui déçoit. Quoique j'ai pu dire plus haut et bien qu'elle prenne toute la place dans ce film, elle est loin d'être aussi complexe et palpitante que celle du roman. Les scénaristes ont effectivement pris des raccourcis hasardeux à plusieurs reprises et ont même modifier le dénouement, bien moins sombre que sur le papier...
*En bref : bien que l'on ne s'ennuie que peu souvent et qu'il comporte quelques points positifs (je n'ai pas cité la mise en scène et la photographique qui sont très bien), Pars vite et reviens tard est largement inférieur au roman dont il est adapté, et que je vous conseille de découvrir d'urgence !

Note :
2,5/5

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A voir aussi sur ce blog :

De Régis Wargnier : Man to Man.
Avec José Garcia : Article spécial.
Avec Lucas Belvaux : Après la Vie, Cavale, Un Couple épatant, Joyeux Noël, La Raison du plus faible.


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La réplique du film :

*_Elles ont choisis votre collègue parce qu'il est plus chaud que vous. Je veux dire...à une température plus élevée...

# Posté le mercredi 14 février 2007 14:11

Modifié le dimanche 24 juin 2007 13:17

LA MÔME

LA MÔME
Vu le 19/02/07,
au cinéma Le Palace (Montélimar), à 14h30


(2007) d'Olivier Dahan

Avec : Marion Cotillard, Jean-Pierre Martins, Gérard Depardieu...

De son enfance à la gloire, de ses victoires à ses blessures, de Belleville à New York, l'exceptionnel parcours d'Edith Piaf. A travers un destin plus incroyable qu'un roman, découvrez l'âme d'une artiste et le coeur d'une femme. Intime, intense, fragile et indestructible, dévouée à son art jusqu'au sacrifice, voici la plus immortelle des chanteuses...

*Souvenez-vous : nous étions surpris d'apprendre, il y a maintenant quelques temps, que Marion Cotillard prendrait les traits de la "grande" Edith Piaf, pour La Môme, le biopic sur la chanteuse que signerait Olivier Dahan... Pourtant, quand on visionne le film, le choix de l'actrice apparaît comme une évidence tant elle brille de mille feux ! Elle porte donc à bout de bras cet hommage artistiquement bluffant et émotionnellement fabuleux...
*D'une part, tout est donc ici impressionnant sur le plan artistique, notamment les costumes et les décors qui témoignent d'une reconstitution soignée de l'époque à laquelle Piaf a vécue, mais aussi d'une certaine nostalgie de cet âge d'or de la chanson et du cinéma, où Marlon Brando et tant d'autres surfaient sur la vague du succès... La photographie est quant à elle d'une grande beauté, tout comme la mise en scène. Bien que la caméra soit parfois tremblotante, l'ensemble compte de nombreux effets de style très bien trouvés, ainsi que quelques scènes inoubliables, à l'image de celle où Piaf apprend la mort de son grand amour : Marcel Cerdan. Le réalisateur filme alors pendant un long moment le personnage de face, nous montre son immense détresse, avant de le faire marcher le long d'un couloir donnant accès à la scène d'une salle de spectacle. Un effet de style magistral qui vient souligner la force de caractère de la chanteuse, qui se résigne à servir noblement son art, qu'elle ait le coeur en mille morceaux ou pas. Les scènes musicales sont quant à elles toutes poignantes et quelques fois très audacieuses. Je pense surtout à celle qui nous montre pour la première fois Piaf sur une grande scène...sans qu'on entende le son de sa voix. Le spectateur est alors forcé d'admirer la gestuelle si particulière de l'interprète. C'est sans parler du générique de fin, sans aucune musique, qui s'apparente certainement à un instant de recueillement offert par le cinéaste à Edith Piaf. Pour finir, l'un des points les plus bluffant du film est le maquillage de Marion Cotillard, qui est si réussi qu'il nous donne souvent l'illusion de voir la véritable Piaf !
*Justement, c'est grâce à ce dernier point que le film est si émouvant, mais pas seulement... Etant donné qu'il aurait été tout simplement im-po-ssi-ble de retracer en détail toute la vie d'Edith Piaf en seulement 2h20, Olivier Dahan choisit certaines périodes importantes de son existence et nous les fait partager dans son film. On pourrait certes lui reprocher de s'attarder sur l'enfance de 'La Môme' mais, comme il l'a dit très justement dans de nombreuses interviews, notre enfance explique souvent les actes que nous faisons au cours du reste de notre vie. Le cinéaste entremêle ces différentes périodes avec une cohérence souvent admirable, et fait le choix judicieux de ne pas retracer de façon linéaire la vie de la chanteuse, afin que l'on conserve au fond de nous l'image d'un mythe de la chanson, et non pas celle d'une femme de 48 ans qui en paraît le double et qui meurt dévastée par l'alcool et la morphine...
Par ailleurs et conformément à ce que nous attentions tous, Marion Cotillard porte le film de manière si incroyable qu'on peut lui attribuer d'office le César 2008 de la meilleure actrice. En effet, elle trouve certainement ici LE rôle de sa vie et s'imprègne au plus haut degrés de la personnalité extravertie de Piaf, de ses émotions dévastatrices ainsi que de son handicap, à savoir une santé fragile, aggravée par l'alcool et la drogue. De plus, elle incarne l'artiste de 20 à 48 ans; un pari hautement remporté grâce à de fabuleux maquillages, déjà cités plus hauts. Enfin, citons tout le beau monde qui interprète des seconds rôles hauts en couleurs, des personnes qui "ont fait de Piaf ce qu'elle est devenue" (dixit Dahan) : Jean-Paul Rouve en père lâche, Clotilde Coureau en mère alcoolique, Emmanuelle Seigner en prostituée débordante de tendresse, Sylvie Testud en meilleure amie fictive (en effet, ce personnage est inventé par Dahan car on ne soit que peu de choses sur la jeunesse de Piaf), Gérard Depardieu en dénicheur de nouveaux talents, Pascal Greggory en manager plus que patient ou encore Jean-Pierre Martins en Marcel Cerdan, grand amour de celle à qui ce film rend hommage, de celle qui a connu tant de malheurs, de celle dont les airs continueront d'être fredonnés pendant encore des siècles, de celle que l'on découvre ou redécouvre grâce à La Môme d'Olivier Dahan.
*En bref : du début à l'inoubliable conclusion, on est à la fois enchanté et bouleversé par ce biopic'. Exit Gandhi, Malcolm X, Aviator, Ray, Walk the Line, Marie-Antoinette et les autres...La Môme est le meilleur qu'on ait vu depuis Amadeus.

Note :
5/5

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A voir aussi sur ce blog :

Avec Marion Cotillard : Article spécial.
Avec Jean-Pierre Martins : Laisse tes Mains sur mes Hanches.
Avec Gérard Depardieu : Article spécial.


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La réplique du film :

*_Vous êtes une grande artiste.
Marion Cotillard :
*_Parce que j'ai mis des talons.

# Posté le mercredi 14 février 2007 14:11

Modifié le vendredi 25 mai 2007 05:56