Mon mois de Mars cinéma

Mon mois de Mars cinéma
Etant donné que je ne leur consacrerai pas d'article comme les deux années passées, je vais vous donner mon opinion sur les dernières cérémonies des César et des Oscars...

Du côté de chez nous, autant la consécration du surestimé De battre mon Coeur s'est arrêté m'avait exaspéré en 2006, autant le palmarès de l'édition 2007 me convient très bien. A présent que je l'ai vu (la critique arrivera dans les semaines à venir), je dois avouer que Lady Chatterley est bien loin d'avoir volé ses récompenses, comme certains ont eu l'audace de l'insinuer, car il s'avère être simplement magnifique ! Si le duo Depardieu/De France de Quand j'étais Chanteur les aurait tout autant mérités, je suis content que François Cluzet empoche enfin un César du meilleur acteur (pour Ne le dis à personne), et que Marina Hands voit certainement sa carrière décoller grâce à celui qu'elle a reçu pour le rôle-titre de Lady Chatterley (en tout cas, Sara Forestier ne s'arrête plus depuis son César pour L'Esquive, donc on souhaite la même chose à Marina ^^). Par ailleurs, que ça soit pour le meilleur scénario donné à Indigènes, la meilleure réalisation à Ne le dis à personne, les meilleurs révélation féminine et second rôle masculin à Je vais bien ne t'en fais pas, ou le meilleure second rôle féminin à Valérie Lemercier (géniale en maîtresse de cérémonie plus sportive qu'on aurait pu l'imaginer), je suis tout à fait satisfait !
Découvrez la liste complète des vainqueurs des César en cliquant ici.

En ce qui concerne les Oscars, leur palmarès ne nous a pas réservé de grande surprise comme ça avait un peu été le cas l'an passé. En effet, comme aux récents Golden Globes, Helen Mirren et Forest Whitaker sont sacrés meilleurs actrice et acteur pour leurs prestations dans The Queen et Le dernier Roi d'Ecosse. Quant à Jennifer Hudson, elle est décidément la nouvelle coqueluche d'Hollywood puisqu'elle s'impose une nouvelle fois avec son second rôle dans Dreamgirls. Du côté des autres récompenses majeures, Les Infiltrés décroche le gros lot (meilleur film et meilleur réalisateur), permettant enfin au grand Martin Scorsese de remporter un Oscar. Justement, à l'instar de la Palme d'Or attribuée à Ken Loach au dernier Festival de Cannes, ces deux distinctions semblent plus valider une longue carrière qu'un film en particulier. Car franchement, je ne trouve pas que Les Infiltrés ait réellement mérité cet consécration (rappelons que Babel, Little Miss Sunshine et The Queen étaient également en lice pour le titre suprême)...
Découvrez la liste complète des vainqueurs des Oscars en cliquant ici.

A présent, venons-en enfin au mois de Mars 2007...

Je pense que j'avais peut-être un peu exagéré il y a un mois lorsque je qualifiais Février 2007 de "calme côté cinoche", car ça n'est rien comparé à Mars qui vient de commencer ! En effet, j'ai rarement vu un mois pareil, où presque aucune sortie de me tente vraiment... Nous verrons certes de nombreux petits films à l'allure sympathique projetés sur nos écrans français, mais hormis le retour tant attendu de Zhang Yimou avec sa Cité interdite, aucun ne semble indispensable...


Les films qui me tentent plus ou moins ce mois-ci :

Semaine du 7 :
(pourquoi pas ?)
LES TEMOINS d'André Téchiné =>> Parce que ce film, qui réunit Emmanuelle Béart, Sami Bouajila, Michel Blanc et Julie Depardieu, pourrait bien marquer le grand retour de Téchiné sur le devant de la scène cinématographique française.
LE VOILE DES ILLUSIONS de John Curran =>> Parce que le duo Naomie Watts/Edward Norton peut faire de ce film un joli drame, mais guère plus...

Semaine du 14 :
(déjà vu)
HONOR DE CAVALLERIA d'Albert Serra =>> Une expérience tellement ennuyeuse qu'elle en devient audacieuse. Pour lire ma critique, cliquez ici.
(sûr)
Le film du mois : LA CITE INTERDITE de Zhang Yimou =>> Le seul film du mois qui soit vraiment alléchant. J'irai le voir (j'espère en VO) à coup sûr, car j'ai adoré les deux autres films d'aventures qu'a signé Yimou : Hero et Le Secret des Poignards volants.
(pourquoi pas ?)
ANGEL de François Ozon =>>
MA PLACE AU SOLEIL d'Eric De Montalier =>> Parce que le casting est alléchant : Dutronc, Garcia, Dussolier, Cluzet, Elodie Bouchez, Mélanie Doutey, Gilles Lellouche... Mais le concept semble déjà vu des tas de fois.

Semaine du 21 :
(pourquoi pas ?)
ENSEMBLE C'EST TOUT de Claude Berri =>> Malgré la présence de Berri à la réalisation et de Tautou et Canet devant la caméra, cette comédie dramatique ne semble pas immanquable...
J'ATTENDS QUELQU'UN de Jérôme Bonnell =>> Parce que ce petit film réunissant Darroussin, Eric Caravaca et Emmanuelle Devos semble très frais et touchant.

Semaine du 28 :
(pourquoi pas ?)
ALPHA DOG de Nick Cassavetes =>> Parce que le casting de ce thriller réunit entre autres Sharon Stone, Bruce Willis et des jeunes débutants tels que Justin Timberlake et Ben Foster...


Et maintenant, c'est à vous !

Quel est votre film préféré du mois de Février 2007 ?
La Môme est élu film du mois de Février avec 10 voix sur 15.

Merci aux participants : Raul, Charlotte, CheshireCat, Matthias, Sakakouette, Cine-Liberte, MonBoxOffice-2, Mariane, KillbourGad13, NobodySmith, Cinefyl, Hollywood-World, Hartigan et Blopounet.

# Posté le mercredi 14 février 2007 14:10

Modifié le jeudi 24 mai 2007 03:10

LA LUNE DANS LE CANIVEAU

LA LUNE DANS LE CANIVEAU
Vu le 13/02/07,
à la Cinémathèque de Nice, à 14h00


(1983) de Jean-Jacques Beineix

Avec : Gérard Depardieu, Nastassja Kinski, Victoria Abril...

Après avoir été violée dans une impasse, Catherine se suicide. Gérard, son frère, jure de la venger. C'est le début d'une grande dérive qui va l'amener à rencontrer divers personnages dans les bouges d'un port.

*En 1983, Jean-Jacques Beinex - connu pour Diva et 37°C le Matin - réalise La Lune dans le Caniveau : un ovni qui, même en disposant d'un casting en apparence excellent, s'avère être d'une lourdeur et d'un ennui à peine croyables...
*Tout d'abord donc, ce film est servi par de nombreux comédiens français réputés qui nous déçoivent beaucoup, alors qu'ils auraient à eux seuls pu faire de ce film une oeuvre correcte... Il faut dire aussi que les rôles que leur écrit ici Beinex sont loin d'être folichons : de l'anti-héros presque autiste au poivrot vicieux, en passant par la riche manipulatrice et l'exhibitionniste jalouse. Que ça soit Gérard Depardieu, Nastassja Kinski, Victoria Abril, Dominique Pinon ou Bernard Farcy (l'irrésistible commissaire Gilbert de la saga Taxi), ils nous livrent tous des prestations médiocres, choses étonnante de leur part...
*Et pourtant, je peux vous assurer que le casting, aussi moyen soit-il, constitue l'un des très rares atouts de ce film ennuyeux à mourir ! Parmi les points légèrement positifs, on notera une mise en scène comportant quelques bons plans, tels que celui nous dévoilant de façon étonnamment sensuelle le corps mutilé d'une jeune femme. Le fait qu'il ait été entièrement tourné en studios, façon "Hollywood d'antan", rend le film un minimum intéressant cinématographiquement parlant. Autrement, il s'apparente à un spectacle infiniment glauque et souvent insupportable par sa lenteur, qui doit sûrement se vouloir élégante...
*En bref : La Lune dans le Caniveau a beau avoir une tête d'affiche alléchante, il n'en demeure pas moins un navet qui fait tâche dans les filmographies de comédiens tels que Depardieu, Victoria Abril ou Dominique Pinon...

Note :
0,5/5

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A voir aussi sur ce blog :

Avec Gérard Depardieu : Article spécial.
Avec Victoria Abril : Attache-moi !, Gazon maudit, Sans Nouvelles de Dieu.


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La réplique du film :

Gérard Depardieu :
*_Décontracte ! T'as personne au cul !

# Posté le vendredi 09 février 2007 15:54

Modifié le vendredi 25 mai 2007 05:56

LES SOEURS BRONTË

LES SOEURS BRONTË
Vu le 13/02/07,
à la Cinémathèque de Nice, à 16h30


(1979) d'André Techiné

Avec : Isabelle Adjani, Marie-France Pisier, Isabelle Huppert...

1854. Charlotte Brontë se remémore certains épisodes de sa vie avec son père, le révérend Brontë, ses deux soeurs, Emily et Anne, ainsi que leur frère Brandwell, artiste peintre. Tandis que les trois soeurs écrivaient des romans et des poèmes, leur frère, épris d'une femme qui refusait de l'épouser, s'adonnait à l'alcool et à la drogue.

*Lorsque je l'avais visionné à la télévision il y a maintenant trois ans de cela, j'avais trouvé Les Soeurs Brontë trop lent et ennuyeux. Hors, c'est certainement parce que je n'avais pas su apprécier l'émotion tout en retenue que ce film dégage, ni son aspect technique admirable...
*D'une part, André Téchiné dresse donc avec ce film - qui fut l'un de ses succès majeurs - le portrait de toute une famille anglaise de l'époque victorienne, et non pas celui d'une seule personne comme pourrait le laisser entendre le sypnosis ci-dessus. Si Charlotte, l'aînée des jeunes Brontë, est certes la narratrice de ce biopic', son personnage n'en demeure pas moins traité au même titre que ceux de ses trois frères et soeurs, tous passionnés par l'art... Justement, c'est sur ces passions souvent destructrices qu'est centré le film. Tandis que Charlotte rêve d'enseigner l'anglais à Bruxelles, Anne prétend à des succès littéraires, Branwell se meurt d'amour pour une femme bien plus âgée que lui, et Emily se laisse mourir à petit feu en refusant de se soigner suite au décès de son frère. On s'identifie facilement aux personnages, on s'attache plus à certains qu'à d'autres, mais on est indéniablement touchés par les sentiments si vifs de chaque protagoniste. Marie-France Pisier, Isabelle Adjani, Isabelle Huppert et Pascal Greggory nous livrent des prestations bouleversantes de sincérité, et sont littéralement habités par leurs personnages respectifs. Ses derniers semblent souffrir physiquement de la répression de leurs émotions dévastatrices, car on compte de nombreuses scènes poignantes, telles que celle où Adjani est prise d'une crise d'angoisse d'une extrême violence...
*Justement, venons-en à la mise en scène de Téchiné, qui s'avère remarquable. On se remémorera particulièrement un maniement très fluide et sensuel de la caméra, ainsi que le plan nous montrant Adjani de dos, assise nue sur une chaise, immobile. Elle se fait visiblement "bichonner" par ses soeurs, mais on ne tarde pas à découvrir que ses dernières la rendent en réalité la plus présentable possible...pour son enterrement. Par ailleurs, la musique et la photographie sont également magnifiques. Tandis que la première colle parfaitement avec la mélancolie certaine du film, la seconde sublime les comédiens et la lande anglaise, avec ses tons fanés (là aussi : l'idée de mélancolie est soulignée)...
*En bref : Les Soeurs Brontë s'apparente à un portrait instructif et humain d'une célèbre famille anglaise, doublé d'une oeuvre cinématographique brillante.

Note :
4/5

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A voir aussi sur ce blog :

Cycle "British stories"
D'André Téchiné : Les Egarés.
Avec Isabelle Adjani : Bon Voyage, L'Eté meurtrier, La Reine Margot, Subway.
Avec Marie-France Pisier : Dans Paris.
Avec Isabelle Huppert : 8 Femmes, La Porte du Paradis, Rien ne va plus, Les Valseuses.


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La réplique du film :

Pascal Greggory (parlant du médecin) :
*_Il a dit : souffrances dûes à la constipation... (rires)

# Posté le vendredi 09 février 2007 15:53

Modifié le vendredi 28 août 2009 13:31

APOCALYSPE NOW

APOCALYSPE NOW
Vu en VO le 20/02/07,
en dvd


(1979) de Francis Ford Coppola

Avec : Martin Sheen, Marlon Brando, Frederic Forrest...

Cloîtré dans une chambre d'hôtel de Saïgon, le jeune capitaine Willard, mal rasé et imbibé d'alcool, est sorti de sa prostration par une convocation de l'état-major américain. Le général Corman lui confie une mission qui doit rester secrète : éliminer le colonel Kurtz, un militaire aux méthodes quelque peu expéditives et qui sévit au-delà de la frontière cambodgienne.

*En 1979 et au terme d'un tournage resté gravé dans l'histoire du cinéma tant il fut... apocalyptique, Apocalypse now de Francis Ford Coppola sort sur les écrans, remporte une Palme d'Or ainsi qu'un grand succès public, et devient presque immédiatement un film culte, de par sa peinture magnifique de la Guerre du Vietnam.
*En effet, ce long affrontement y est décrit avec un réalisme incroyable, qui s'illustre notamment lors de scènes de batailles bouleversantes qui n'ont pas pris une seule ride. L'attaque des hélicoptères notamment, avec la musique tonitruante de Wagner en fond, est tout ce qu'il y a de plus culte, et à juste titre, car la mise en scène y est sublime et d'une efficacité imparable. Par ailleurs, la bêtise généralisée - et encore d'actualité - des américains est ici dépeinte avec une audace sans pareille et est plus prononcée que jamais chez le colonel Kilgore (Robert Duvall, génial). Outres les faits peu graves qu'il se prenne pour un cow-boy au coeur du Vietnam et qu'il se tienne les couilles à tout bout de champs histoire de vérifier qu'elles sont toujours là ou de se donner un air "John Wayne" (why not ?), ce personnage s'avère étonnamment désintéressé par ce qui l'entoure, au point de discuter de surf avec son bataillon en pleine bataille... S'ils sont certes moins gravement atteints que lui, les autres protagonistes sont également frappés par une connerie souvent 'hors catégorie', comme peuvent en témoigner les répliques alarmantes qu'ils débitent et qui lèvent le voile sur une conception totalement immature de la guerre et de la violence en général. C'est sans parler de l'apparition sombrement hilarante de Coppola himself en réalisateur de pseudo-reportage violent uniquement destiné à faire de la propagande aux Etats-Unis... Enfin, ce film insiste comme beaucoup d'autres (et c'est tant mieux) sur le fait que les américains soient constamment habités par la peur de l'autre (particulièrement de l'étranger), qui tourne parfois à la paranoïa puis à la folie, comme pour le personnage du colonel Kurtz...
*Justement, bien plus qu'un film de guerre commun, Apocalypse now est une oeuvre à caractère psychologique, contant l'histoire du capitaine Willard (Martin Sheen, incroyablement talentueux), chargé par les services secrets militaires américains de retrouver et d'éliminer le fameux Kurtz, devenu un dictateur sanguinaire au sein d'une tribu de 'sauvages'. Ce dernier, remarquablement interprété par Marlon Brando, est on ne peut plus mystérieux et laisse le spectateur littéralement troublé. Par ailleurs, le périple qu'entreprend Willard le long du fleuve avec son équipage pourrait être assimilé à une descente aux enfers... En effet, les personnages sont déstabilisés par un environnement qui n'est pas le leur, toujours sur le qui-vive, progressivement changés, et voient leurs instincts les plus primitifs ressurgir, comme lors de cette terrible scène où ils fusillent sans véritable raison plusieurs commerçants vietnamiens. La photographie vient illustrer ce phénomène, s'assombrissant au fur et à mesure que l'équipage poursuit sa route... Après maintes péripéties toutes plus singulières les unes que les autres, ce dernier touche finalement au but en trouvant le colonel Kurtz, niché au fin fond de la jungle et quant à lui atteint d'un trouble psychologique d'un niveau bien supérieur. La conclusion mystique nous invite à une belle réflexion sur la violence, tellement banale au XXe siècle qu'elle devient insignifiante pour certains...
*En bref : au delà d'un film de guerre, Apocalypse now s'apparente à un réflexion passionnante sur la violence et la mort. Un chef-d'œuvre.

Note :
5/5

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A voir aussi sur ce blog :

De Francis Ford Coppola : Cotton Club, Jack, Le Parrain (I/II/III).
Avec Marthin Sheen : Arrête-moi si tu peux, Bobby, Dead Zone, Gandhi, Les Infiltrés.
Avec Marlon Brando : Le Parrain (I), Superman returns.


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La réplique du film :

Martin Sheen :
*_Accuser un homme de meurtre dans ce pays...autant coller des excès de vitesse aux chauffeurs de F1 !

# Posté le vendredi 09 février 2007 15:52

Modifié le vendredi 25 mai 2007 05:56

LITTLE CHILDREN

LITTLE CHILDREN
Vu en VO le 12/02/07,
au cinéma Le Rialto (Nice), à 16h30


(2007) de Todd Field

Avec : Kate Winslet, Patrick Wilson, Jackie Earle Haley...

Des couples mariés et frustrés réalisent à quel point leur vie bien rangée est ennuyeuse. Lorsqu'un inconnu emménage dans le quartier, les problèmes ne tardent pas à apparaître et chacun découvre un monde qu'il n'aurait jamais soupçonné.

*Cinq ans après In the Bedroom, Todd Field, le pianiste d'Eyes wide shut de Kubrick, repasse derrière la caméra pour réaliser Little Children : un drame dérangeant d'une belle qualité, qui comporte quand même quelques défauts...
*Le réalisateur scénariste situe son intrigue dans un quartier résidentiel tranquille et bourgeois des Etats-Unis, à l'allure très "Wisteria Lane"... Justement, l'introduction avec l'omniprésence du narrateur et les fantasmes des ménagères n'est pas sans rappeler la fameuse série Desperate Housewives. Mais il n'en sera plus rien à partir du début de la relation torride entre les deux protagonistes : Sarah (Kate Winslet, géniale), trentenaire extravertie voyant sa vie de famille partir à la dérive, et Brad (Patrick Wilson, assez fade comparé à sa partenaire), jeune père préférant regarder les adolescents de son quartier faire du skate que de potasser son examen du barreau, bien qu'il l'ait déjà raté à deux reprises... Ainsi, lorsque ces deux-là tombent follement amoureux l'un de l'autre et qu'un homme condamné pour pédophilie vient s'installer dans le quartier, la comédie de moeurs gentillette tourne au drame sombre. Le cinéaste choisit en guise de protagonistes des archétypes de l'américain moyen, avec leurs idées préconçues et leurs valeurs morales puritaines, certainement afin de rendre son histoire universelle, chose qu'il parvient à faire. En effet, on a beau être incroyablement attristé en découvrant la scène au cours de laquelle l'ex-taulard est fui comme la peste à la piscine locale, on ne s'en étonne finalement pas tant que ça, car comme le disait très justement Michael Moore dans son documentaire Bowling for Columbine, la principale caractéristique de l'américain est d'avoir peur. Le personnage en question, incarné avec brio par Jackie Earle Haley, produit un effet des plus dérangeants sur le spectateur, qui éprouve inéluctablement un mélange de pitié et de terreur pour cet homme ayant certes commis une faute grave, mais néanmoins désespéré par la crainte qu'il inspire, et plein de repentir... Bref, on assiste, fasciné, à l'évolution spirituelle des trois personnages principaux, jusqu'à la fin malheureusement trop moralisatrice.
*Justement, cette conclusion, qui voit les "gentils" revenir dans le droit chemin et les "méchants" repentis ou punis, constitue l'un des quelques défauts de ce film. Pour conclure ce drame si cruel et politiquement incorrect (d'un point de vue 'bushiste' bien entendu), on aurait été en droit d'attendre autre chose qu'un dénouement si vite expédié et rendu tellement cliché par la voix du narrateur. De plus, le personnage de Richard, le mari obsédé sexuel de Sarah, ne semble être là que pour justifier l'adultère de la jeune femme. Cela montre que sans cette justification, le film aurait paru trop scandaleux au public américain. Ainsi, Todd Field apparaît lui-même comme psychologiquement enfermé dans des stéréotypes américains, puisqu'il se sent obligé de nous montrer ce personnage autrement inutile à l'intrigue. Enfin, notons également que le film compte ne nombreuses longueurs, telles que l'interminable scène du match de football américain, tournée dans un ralenti sirupeux, et ne servant strictement à rien.
*En bref : Little Children s'apparente à un drame trop inégal, qui vaut néanmoins le détour pour ses comédiens talentueux (mention spéciale à Kate Winslet) et son histoire sombre, cruelle et prenante.

Note :
3,5/5

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A voir aussi sur ce blog :

Avec Kate Winslet : Article spécial.

# Posté le vendredi 09 février 2007 15:51

Modifié le jeudi 24 mai 2007 03:10