Enregistré en VF le 16/04/07,
sur Arte, à 00h50
Vu le 17/04/07
(1989) de Stephen Frears
Avec : Glenn Close, John Malkovitch, Michelle Pfeiffer...
Deux aristocrates brillants et spirituels, la marquise de Merteuil et le séduisant Vicomte de Valmont, signent un pacte d'"inviolable amitié" à la fin de leur liaison. C'est au nom de celui-ci que la marquise demande à Valmont de séduire la candide Cecile de Volanges qui doit prochainement épouser son ex-favori, M. de Bastide. Mais Valmont a entrepris de séduire la vertueuse Mme de Tourvel.
*Les Liaisons dangereuses, adaptation du roman épistolaire de Choderlos de Laclos (qu'il me tarde de lire), demeure à ce jour le film le plus connu de Stephen Frears. Et à juste titre, car c'est bel et bien un drame aussi captivant que magnifique que nous livre ici le cinéaste...
*Bien qu'il soit anglophone, le film se déroule au XVIIIe siècle en France, où prône l'importance de la droiture d'esprit et de la bienséance, bien que ce soit aussi la grande époque du libertinage... C'est au sein de cette société basée sur les apparences que nous suivons deux protagonistes, la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, on ne peut plus pervers, dont le passe-temps favoris est de se jouer de leur entourage, de le manipuler, et ce entre deux visites à l'un de leur nombreux amants... Justement, le jour où l'un des amants de la veuve Merteuil la quitte pour épouser Cécile de Volanges, une jeune fille à peine sortie du couvent, la marquise défie son cher alter ego Valmont de dépuceler la vierge en question. Trouvant ce pari bien trop facile pour lui, le vicomte fait celui de séduire la vertueuse et belle Mme de Tourvel... S'il réussit, Merteuil deviendra sienne... L'entremêlement de ces jeux immoraux constitue un scénario simplement remarquable et passionnant de bout en bout auquel vient s'ajouter une galerie de personnages hauts en couleurs et irrésistibles, pour un résultat d'une imparable richesse. C'est sans parler des dialogues qui restituent parfaitement l'ambiance de l'époque, où les conversations recelaient de nombreux sous-entendus tous plus coquins et délicieux les uns que les autres (cf : Ridicule de Patrice Leconte), et qui sont servis par une distribution hors pair. Glenn Close, aux antipodes de la pitoyable Cruella des 101 Dalmatiens, nous livre une prestation inoubliable et s'avère très expressive même lors des scènes sans dialogues, comme le prouve de manière irréfutable le dernier plan, nous la montrant à demi fardée, autrement dit partagée entre le fait de cacher ses sentiments derrière une carapace immonde ou de ne plus les réprimer... C'est avec John Malkovitch, étonnement charismatique, qu'elle forme un pseudo-couple monumental, peut-être bien l'un des plus grands de l'histoire du cinéma, car les scènes communes entre les deux acteurs transpirent de sensualité et de pulsions réfrénées. Le casting est complété par une Michelle Pfeiffer renversante de beauté et d'émotion, ainsi que par Uma Thurman et Keanu Reeves, tous deux très jeunes à l'époque mais déjà talentueux...
*D'autre part, ce film brille par son aspect artistique admirable. La mise en scène élégante est doublée d'une lumière quant à elle simplement magnifique, ainsi que d'une bande originale qui nous replonge littéralement à la fin du XVIIIe siècle par ses sons feutrés. Les décors et les costumes somptueux s'avèrent très représentatifs de l'époque de l'intrigue où l'apparence était primordiale. Notons que plusieurs fois, le personnage de Merteuil fait d'ailleurs des remarques venimeuses sur les tenues vestimentaires des dames qu'elle côtoie sans jamais s'en lier réellement...
*En bref : notamment grâce à une Glenn Close délicieusement machiavélique et à un John Malkovich plus performant que jamais, ces Liaisons dangereuses constituent donc un vrai chef-d'oeuvre cinématographique devenu presque instantanément culte à sa sortie en salles, en 1989.
Note : 5/5
A voir aussi sur ce blog :
De Stephen Frears : Article spécial.
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Vu le 17/04/07
(1989) de Stephen Frears
Avec : Glenn Close, John Malkovitch, Michelle Pfeiffer...
Deux aristocrates brillants et spirituels, la marquise de Merteuil et le séduisant Vicomte de Valmont, signent un pacte d'"inviolable amitié" à la fin de leur liaison. C'est au nom de celui-ci que la marquise demande à Valmont de séduire la candide Cecile de Volanges qui doit prochainement épouser son ex-favori, M. de Bastide. Mais Valmont a entrepris de séduire la vertueuse Mme de Tourvel.
*Les Liaisons dangereuses, adaptation du roman épistolaire de Choderlos de Laclos (qu'il me tarde de lire), demeure à ce jour le film le plus connu de Stephen Frears. Et à juste titre, car c'est bel et bien un drame aussi captivant que magnifique que nous livre ici le cinéaste...
*Bien qu'il soit anglophone, le film se déroule au XVIIIe siècle en France, où prône l'importance de la droiture d'esprit et de la bienséance, bien que ce soit aussi la grande époque du libertinage... C'est au sein de cette société basée sur les apparences que nous suivons deux protagonistes, la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, on ne peut plus pervers, dont le passe-temps favoris est de se jouer de leur entourage, de le manipuler, et ce entre deux visites à l'un de leur nombreux amants... Justement, le jour où l'un des amants de la veuve Merteuil la quitte pour épouser Cécile de Volanges, une jeune fille à peine sortie du couvent, la marquise défie son cher alter ego Valmont de dépuceler la vierge en question. Trouvant ce pari bien trop facile pour lui, le vicomte fait celui de séduire la vertueuse et belle Mme de Tourvel... S'il réussit, Merteuil deviendra sienne... L'entremêlement de ces jeux immoraux constitue un scénario simplement remarquable et passionnant de bout en bout auquel vient s'ajouter une galerie de personnages hauts en couleurs et irrésistibles, pour un résultat d'une imparable richesse. C'est sans parler des dialogues qui restituent parfaitement l'ambiance de l'époque, où les conversations recelaient de nombreux sous-entendus tous plus coquins et délicieux les uns que les autres (cf : Ridicule de Patrice Leconte), et qui sont servis par une distribution hors pair. Glenn Close, aux antipodes de la pitoyable Cruella des 101 Dalmatiens, nous livre une prestation inoubliable et s'avère très expressive même lors des scènes sans dialogues, comme le prouve de manière irréfutable le dernier plan, nous la montrant à demi fardée, autrement dit partagée entre le fait de cacher ses sentiments derrière une carapace immonde ou de ne plus les réprimer... C'est avec John Malkovitch, étonnement charismatique, qu'elle forme un pseudo-couple monumental, peut-être bien l'un des plus grands de l'histoire du cinéma, car les scènes communes entre les deux acteurs transpirent de sensualité et de pulsions réfrénées. Le casting est complété par une Michelle Pfeiffer renversante de beauté et d'émotion, ainsi que par Uma Thurman et Keanu Reeves, tous deux très jeunes à l'époque mais déjà talentueux...
*D'autre part, ce film brille par son aspect artistique admirable. La mise en scène élégante est doublée d'une lumière quant à elle simplement magnifique, ainsi que d'une bande originale qui nous replonge littéralement à la fin du XVIIIe siècle par ses sons feutrés. Les décors et les costumes somptueux s'avèrent très représentatifs de l'époque de l'intrigue où l'apparence était primordiale. Notons que plusieurs fois, le personnage de Merteuil fait d'ailleurs des remarques venimeuses sur les tenues vestimentaires des dames qu'elle côtoie sans jamais s'en lier réellement...
*En bref : notamment grâce à une Glenn Close délicieusement machiavélique et à un John Malkovich plus performant que jamais, ces Liaisons dangereuses constituent donc un vrai chef-d'oeuvre cinématographique devenu presque instantanément culte à sa sortie en salles, en 1989.
Note : 5/5
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