CYCLES : "British stories", "N&B français" et "Regards vers l'Est"

CYCLES : "British stories", "N&B français" et "Regards vers l'Est"
C'est en découvrant le très bon blog JegMediaVision que la perspective de faire moi aussi figurer des cycles sur mon blog m'a alléché... Le gros 'hic' était que j'habite une petite ville de la Drôme ne comptant ni dvd-clubs pourvus de films d'auteurs, ni dvdthèque... Mais ces derniers jours, plusieurs proches des mes parents m'ont gentiment proposé de me prêter de vieux classiques dès que je le souhaiterai. De plus, j'ai découvert hier l'existence d'un système de vidéo à la demande fonctionnant avec Free, mon fournisseur d'accès. Ainsi, je pourrai à partir d'aujourd'hui me visionner de vieux films italiens, français ou encore américains chez moi (en payant bien sûr, mais c'est quand même génial !) et vous faire partager mes avis dessus, lors de cycles par exemple...

Car le fait d'avoir beaucoup de bons films à portée de mains pousse à les regrouper par artiste, par genre, par nationalité, par époque ou encore par thème. Faire le lien entre chacun apporte un aspect supplémentaire et très intéressant à l'analyse, c'est indéniable...

Bref, de nombreuses diverses idées de cycles me sont venues à l'idée ces jours-ci. Pourquoi pas une mini-rétrospective sur Jean-Luc Godard ? Sur Claude Chabrol ? Un cycle asiatique ? Italien ? Britannique ? Un retour aux classiques français en noir&blanc ? A de nombreux grands films américains ?...

Afin que mon blog ne vous lasse pas trop vite (ça serait dommage, car vous êtes plus nombreux que jamais à me rendre visite...), presque aucun cycle ne verra ses films chroniqués à la suite les uns des autres. Ainsi, vous pourrez retrouvez plusieurs cycles différents sur un même page...

Trêve de 'blabla' : je vous propose ci-dessous les trois premiers cycles de gustocinema.sky, le premier étant consacré aux films se déroulant au Royaume-Uni, le second à de vieux films français tournés en noi&blanc, et le troisième à des oeuvres traitant de l'URSS ou plus globalement de la Russie... J'ai répertorié pour chacun tous les films en rapport déjà chroniqués précédemment sur ce blog.

Bonne lecture.



"BRITISH STORIES"

Billy Elliot
Le Chien des Baskervilles
Les Contrebandiers de Moonfleet
Les Dames de Cornouaille
Elephant Man
Emma l'Entremetteuse
Gosford Park
Harry Potter (I/II/III)
Harry Potter et la Coupe de Feu
Lady Chatterley
Ladykillers
Love Actually
Macbeth
Match Point
Mon petit Doigt m'a dit...
Monty Python : Sacré Graal
Monty Python : le Sens de la Vie
My beautiful Laundrette
The Navigators
Oliver Twist
Orgueil et Préjugés
Les 4 Filles du Dr. March
The Queen
Raining Stones
Secrets de Famille
Shakespeare in Love
Snapper (The)
Les Soeurs Brontë
Sweet Sixteen
Les Virtuoses


"N&B FRANCAIS"

L'Année dernière à Marienbad
La Belle et la Bête
Casque d'Or
Cléo de 5 à 7
En Cas de Malheur (PROCHAINEMENT)
Les Enfants du Paradis (PROCHAINEMENT)
Jules et Jim
Mélodie en Sous-sol
Les Orgueilleux (PROCHAINEMENT)
Orphée
Un Taxi pour Tobrouk
Tirez sur le Pianiste


"REGARDS VERS L'EST"

Alexandre Nevski
Le Cuirassé Potemkine
Dersou Ouzala
Le Docteur Jivago
Good Bye Lenin !
Guerre et Paix
Le Rideau déchiré
Stalingrad
La Vie des Autres



Que pensez-vous de ce nouveau concept ?
Et vous, à quand des cycles à thèmes sur vos blogs ?

# Posté le vendredi 09 février 2007 15:50

Modifié le mardi 15 mai 2007 04:02

LE VOLEUR DE BICYCLETTE

LE VOLEUR DE BICYCLETTE
Vu en VO le 10/02/07,
en dvd


(1949) de Vittorio De Sica

Avec : Lamberto Maggiorani, Enzo Staiola, Lianella Carell...

Antonio Ricci trouve un travail de colleur d'affiches à la condition de posséder un vélo. Il revend ses maigres biens pour en acquérir un, mais on le lui vole. Il part à la recherche du voleur et, péniblement, retrouve un homme encore plus pauvre que lui. Il abandonne ses poursuites et s'en va à son tour dérober une bicyclette.

*Dans les années 1940 - 1950, Vittorio De Sica incarne avec Roberto Rosselini et Luchino Visconti l'élite du néoréalisme, mouvement cinématographique et littéraire italien caractérisé par une peinture de l'Italie de l'époque dans ce qu'elle a de plus noir. Avec Le Voleur de Bicyclette, il signe pour beaucoup son chef-d'oeuvre...
*D'une part, ce film s'inscrit donc dans la lignée de Rome, Ville ouverte et d'autres oeuvres néoréalistes, de par le portrait de l'Italie qu'il nous livre : sombre et proche du documentaire. En effet, la généralisation du chômage et la corruption sont deux thèmes qui hantent le film. De Sica nous montre sans détour la quasi impossibilité de trouver un travail à cette triste époque de défaite nationale, ainsi que les actes qu'elle engendre fatalement. Qu'ils le veuillent ou non, les chômeurs en viennent en dernier recours à voler ou à commettre quelque autre mauvaise action pour pouvoir survivre, après avoir gagé le mobilier qu'ils jugeaient (mal) superflu (terrible plan nous montrant des centaines de draps stockés au Mont de Piété de Rome). A sa sortie en 1949, la nouvelle génération de politiciens italiens conservateurs a fortement reproché au film son aspect trop documentaire ainsi que son misérabilisme. Pourtant, cela ne l'a pas empêché d'être couronné d'un joli succès en Europe, ni de remporter l'Oscar du meilleur film étranger...
*Tout cela est amplement mérité, car le film s'avère magnifique, d'une part d'un point de vue cinématographique. En effet, que ça soit la musique, la mise en scène ou la lumière naturelle imposée par des moyens de tournage limités, tout a ici un ton dramatique et bouleverse le spectateur... Car c'est une véritable tragédie que De Sica livre à ce dernier. Seuls au milieu d'une société désespérée, fléchissant sous le poids de la fatalité sociale et pourtant allumés d'une faible lueur d'espoir jusqu'à la fin : Antonio et son fils ont toutes les caractéristiques des personnages tragiques... Pourtant, quoique aient dit les politiciens italiens de l'époque, le film n'est pas déprimant de bout en bout, et ce grâce à ses protagonistes très attachants, pour lesquels l'acquisition d'une vieille bicyclette est un véritable évènement. On ne peut qu'être attendri face à une innocence et un contentement de la simplicité si beaux...
*En bref : Le Voleur de Bicyclette fait assurément partie des plus grands chef-d'oeuvres néoréalistes, par son visuel magnifique et son scénario des plus touchants.

Note :
5/5

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La réplique du film :

Antonio (Lamberto Maggiorani) :
*_On m'a volé ma bicyclette.
La voyante :
*_Que dire ? Ou tu la retrouves tout de suite, ou plus du tout.

# Posté le vendredi 09 février 2007 15:48

Modifié le jeudi 24 mai 2007 03:10

LES PARAPLUIES DE CHERBOURG

LES PARAPLUIES DE CHERBOURG
Vu le 07/02/07,
en dvd


(1964) de Jacques Demy

Avec : Catherine Deneuve, Nino Castelnuovo, Anne Vernon...

Guy est amoureux de Geneviève. Il a 20 ans, elle en a 18. C'est le premier amour fou. Geneviève vit avec sa mère, une jeune et jolie veuve qui tient un magasin de parapluies, Guy travaille dans un garage. Ils sont heureux et veulent se marier. Mais Guy n'a pas fait son service militaire, et il vient de recevoir sa feuille de route...

*Aujourd'hui, Les Parapluies de Chebourg de Jacques Demy restent l'un des films musicaux français les plus cultes qu'il soit. C'est également une oeuvre à part quant à son traitement artistique...
*Tout d'abord donc, ce film s'apparente à un grand classique du cinéma hexagonal. A sa sortie en 1964, il apparut comme très novateur - car les comédies musicales étaient jusque là le domaine de prédilection de l'industrie cinématographique américaine - et connut un franc succès, quoique bien plus modeste que celui de My fair Lady de George Cukor, qui sortit en France la même année... Ce film marque par ailleurs une collaboration fructueuse entre trois grands noms du cinéma, à savoir Jacques Demy, Catherine Deneuve et Michel Legrand. Tandis que le premier réalise le film avec maestria, la seconde trouve en la frêle Geneviève le rôle qui lancera véritablement sa carrière, et le troisième compose une bande originale remarquable, honorant ainsi sa belle réputation. Enfin, si ce film est également très connu, c'est pour la polémique qu'il a suscitée. En effet, rappelons qu'il n'est sortie que deux ans après la fin de la Guerre d'Algérie et qu'il aborde ce thème de façon très émouvante. On peut aisément supposer que de nombreux anciens combattants et leurs compagnes ont dû être bouleversés par cette histoire d'amour compromise par la guerre, par ces protagonistes dans un premier temps si heureux et épanouis, puis littéralement effondrés... On peut noter que dans la première des trois parties du film, une ombre guerrière plane de façon dérangeante sur Cherbourg... Le réalisateur aborde très discrètement le thème dans un premier temps, jusqu'à ce que le malheur s'abatte sur le couple et donne naissance au passage le plus connu du film : la chanson des adieux, qui devient par la suite son thème principal.
*C'est parce qu'il aborde un thème aussi grave que la guerre de manière étonnante que Les Parapluies de Cherbourg est si original... En effet, on peut tout d'abord dire que Jacques Demy joue beaucoup avec les tons de l'image pour sa première oeuvre en couleurs ! De ses extérieurs (la ruelle rouge et jaune devant chez Guy) à ses intérieurs (la boutique de parapluies toute de rose fuchsia et de vert, la cage d'escalier de Guy peinte en vert pomme) en passant par ses costumes aux couleurs vives, le film apparaît plus "comme un coup de maître que comme un coup d'essaie" (Allociné) sur le plan visuel ! Naturellement, cette omniprésence de la couleur gaie tranche avec la gravité du sujet traité, pour un résultat singulier mais irrésistible... Pour finir, c'est surtout le fait qu'il soit chanté de bout en bout qui rend ce film si inoubliable et en a fait une oeuvre culte à part entière. Jamais je n'aurais pu imaginer un long-métrage dont chaque réplique est portée par des notes de musique ! Pourtant, c'est bien ce qu'ont créé Demy et Legrand, l'un ayant écrit les dialogues et l'autre les mélodies. Ainsi, que ça soit un simple "Oui monsieur" ou une longue tirade amoureuse, tout est en musique. Disons-le : le tout est tout d'abord très surprenant et même quelque peu ridicule, mais devient par la suite lyrique et donc très charmant, une fois qu'on s'y est habitué...
*En bref : Les Parapluies de Cherbourg est une oeuvre culte et originale, qui se regarde tantôt le sourire aux lèvres, tantôt la larme à l'oeil, mais toujours avec un grand plaisir.

Note :
4,5/5

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A voir aussi sur ce blog :

Avec Catherine Deneuve : Belle de Jour, Le Héros de la Famille.


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La réplique du film :

Geneviève (Catherine Deneuve), au barman :
*_Un machin dressé !
Le barman :
*_Un "machin" ?!?
Geneviève :
*_Oui : au citron !

# Posté le mercredi 07 février 2007 06:40

Modifié le jeudi 24 mai 2007 00:23

ORANGE MECANIQUE

ORANGE MECANIQUE
Vu en VO le 05/02/07,
en dvd


(1972) de Stanley Kubrick

Avec : Malcolm McDowell, Michael Bates, Warren Clarke...

La violence règne partout dans une Angleterre d'un futur proche. Alex et sa bande s'attaquent à qui bon leur semble, multipliant meurtres, viols et passages à tabac. Arrêté, Alex est condamné à 14 ans de prison. Il accepte de suivre une nouvelle thérapie expérimentale instituée par le gouvernement pour lutter contre la criminalité...


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*Sorti en 1972 et couronné d'un vif succès, Orange mécanique, magnifique et violent, demeure encore à ce jour un film culte et l'une des oeuvres maîtresses du grand Stanley Kubrick.

*Tout d'abord, ce film est donc une perle cinématographique, et ce sur tous les plans, à commencer par sa photographie. Il semble effectivement plongé dans une atmosphère brumeuse et mystérieuse, engendrée par les tons parfois atténués de l'image... Ce visuel si particulier, déjà vu dans d'autres films du cinéaste, ne nous laisse pas de marbre et nous envoûterait presque, peut-être afin que l'on supporte mieux son propos dérangeant, auquel nous reviendrons plus tard... Par ailleurs, les décors du film sont surprenants et très "70's" par leur aspect osé (les meubles en forme de femmes nues), leurs matières plastiques et leurs couleurs vives. Ces dernières tranchent d'ailleurs avec les terribles actes que commettent les protagonistes dans les décors précédemment cités... La bande originale, elle, reprend des classiques (principalement la "Neuvième Symphonie" de L. V. Beethoveen, qui constitue le thème du film), et se les approprie en en faisant des variantes au synthétiseur, pour un résultat unique et devenu culte. Enfin, c'est surtout par sa mise en scène que brille ce film. Kubrick multiplie les effets de style et les angles de prise de vue audacieux, manie sa caméra en parfaite harmonie avec la musique, et se place au plus prêt d'Alex et de ses "droogies", nous permettant ainsi de prendre véritablement conscience de leurs actes barbares et les rendant bien plus percutants...

*Justement, Orange mécanique apparaît également comme extrêmement violent. Peu après sa sortie, des jeunes arrêtés pour avoir commis de graves actes de violence ont dit à la police avoir directement pris "exemple" sur le film. Kubrick a demandé le retrait de ce dernier des écrans britanniques afin que les jeunes anglais ne l'interprètent pas comme une ode à la violence. Chose rare : il a été exaucé. Il faut dire que le film choque encore largement par ses nombreuses scènes de passages à tabac, de meurtre ou de viol... Pourtant, celles-ci sont moins sordides qu'on pourrait le croire, et ce grâce à la B.O. magnifique (l'affrontement des deux gangs rythmée par un morceau de Beethoveen) ou à la mise en scène remarquable (la scène d'amour à trois passée en accéléré), qui en font au contraire de grandioses moments de cinéma. Malgré les nombreux passages choquants qu'il comporte et contrairement aux apparences, ce film ne conte pas seulement l'odyssée "ultraviolente" de son protagoniste, mais nous met également en garde sur les dangers que véhicule un régime totalitaire. Le message est clair : un homme forcé d'agir d'une certaine manière n'est pas un homme. Ici - et alors qu'il aurait plutôt tendance à être apparenté à un monstre -, le seul véritable homme est finalement Alex, qui est complètement libre, et ne se soucie pas des lois imposées par le régime politique futuriste du Royaume-Uni (le langage parlé par les "droogies" ressemble à un mélange d'anglais et de russe. Cela fait référence aux méthodes employées par l'Etat totalitaire de Staline). Kubrick dénonce aussi les méfaits de la psychothérapie comportementale trop intensive, qui rend l'individu trop vulnérable, lorsqu'il était trop dangereux...deux extrêmes, l'un n'étant pas meilleur que l'autre.

*En bref : Orange mécanique est un chef-d'oeuvre de plus au sein de la filmographie de Kubrick : une oeuvre originale et inoubliable.

Note :
5/5

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A voir aussi sur ce blog :

De Stanley Kubrick : Eyes wide shut.


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La réplique du film :

Alex (Malcolm McDowell) :
*_Que se passe-t-il, ô mes Pé et Em ?

# Posté le lundi 05 février 2007 08:07

Modifié le lundi 05 novembre 2007 13:28

SCOOP

SCOOP
Vu en VO le 04/02/07,
au cinéma Les Templiers (Montélimar), à 17h00


(2006) de Woody Allen

Avec : Scarlett Johansson, Hugh Jackman, Woody Allen...

L'enquête du célèbre journaliste d'investigation Joe Strombel, consacrée au "Tueur au Tarot" de Londres, tourne court quand il meurt de façon aussi soudaine qu'inexplicable. Mais rien, pas même la mort, ne peut arrêter Joe.
A peine arrivé au purgatoire, il décide de transmettre ses toutes dernières informations à la plus charmante des étudiantes en journalisme : Sondra Pransky.
De passage à Londres, Sondra entend le fantôme de Joe s'adresser à elle durant un numéro de magie de l'Américain Splendini, alias Sid Waterman. Bouleversée et folle de joie à l'idée d'avoir déniché le scoop du siècle, l'effervescente créature se lance avec Sid dans une
enquête échevelée, qui les mène droit au fringant aristocrate et politicien Peter Lyman. Une idylle se noue en dépit de troublants indices semblant désigner le beau Peter comme le "Tueur au Tarot".
Le scoop de Sondra lui sera-t-il fatal ?


*Après Meurtre mystérieux à Manhattan (1993), Escrocs mais pas trop (2000) et Le Sortilège du Scorpion de Jade (2001), Woody Allen revient à la comédie policière avec Scoop, un film littéralement réjouissant, de par son scénario remarquable et le duo monumental que forme le cinéaste avec la belle Scarlett Johansson.
*D'une part donc, ce nouvel opus brille par son intrigue policière très bien ficelée. Allen multiplie les fausses pistes, manie le suspense avec brio comme le ferait n'importe quel grand scénariste du genre, et nous passionne avec cette histoire de serial killer laissant une carte de tarot près du corps de chacune de ses victimes. De plus, il lui associe une romance très agréable entre le présumé coupable (Hugh Jackman, plus charismatique que jamais en riche anglais) et une jeune et fringante étudiante en journalisme, décidée à le piéger. Les deux personnages en question sont remarquablement interprétés et en parfaite alchimie, pour un résultat plus que satisfaisant à l'écran... Enfin, c'est sans parler de l'humour délirant dont le cinéaste saupoudre son film. Les situations extravagantes se succèdent à un rythme soutenu tout le long des 96 minutes de film, et on accordera une mention spéciale aux scènes se déroulant aux enfers, tant elles sont géniales (notons au passage que Allen joue savoureusement avec les tons de l'image... Ainsi, la différence entre le royaume des morts - bleuâtre - et le Londres où se déroule l'intrigue - aux couleurs extrêmement vives et chatoyantes - est flagrante et très bien trouvée) !
*D'autre part, Scoop bénéficie d'un duo d'acteurs au sommet. Le cinéaste (et donc également acteur) incarne un rôle qui lui colle à la peau : celui d'un magicien juif, dépressif car plaqué par sa femme, quelque peu ringard, et maladroit aussi bien dans ses propos que dans ses actes. Ce personnage morose, avec ses bégaiements incessants, est relativement proche de l'image qu'Allen nous a donnée de lui tout au long de sa filmographie. Il s'auto-dénigre presque allégrement et règle même ses comptes avec la presse à scandales (sa rupture avec son ex-égérie Mia Farrow aurait été en partie causée par son manque d'amour pour les nombreux enfants adoptifs de la comédienne. Ici, son personnage répète à plusieurs reprises qu'il porte les enfants en horreur : ces petits monstres qui hurlent à tout bout de champs et qui vomissent dans tous les coins de la maison, ou quelque chose dans le genre)... Par ailleurs, il donne la part belle à la jeune génération, puisqu'il offre à Hugh Jackman et surtout à Scarlett Johansson des rôles en or. Cette dernière prend un plaisir communicatif à emprunter les traits de Sondra : une jeune anglaise moyenne, étudiante en journalisme. La comédienne casse délicieusement son image de sexe-symbole, et prend même un accent populaire, bien différent de sa remarquable diction accoutumée. Vous l'aurez compris : Allen et Johansson forment un duo si excellent qu'il pourrait bien être l'un des meilleurs de ces dernières années. Cela donne lieu à d'innombrables scènes hilarantes, surtout grâce aux dialogues géniaux et au débit impressionnant des interprètes.
*En bref : parmi les 5 films (seulement...) de Woody Allen que j'ai vus, Scoop est de loin mon préféré : une comédie euphorisante qui mélange brillamment les genres pour un résultat d'une grande richesse. Ce film a été assimilé par beaucoup à d'autres du cinéaste, qu'il me tarde à présent de découvrir !

Note :
5/5

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A voir aussi sur ce blog :

Mon classement général de l'année 2006
De Woody Allen : Annie Hall, Match Point, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Sexe...sans jamais oser le demander, Tout le Monde dit I love you.
Avec Scarlett Johansson : Article spécial.
Avec Hugh Jackman : The Fountain, Opération Espadon, Le Prestige, Van Helsing, X-Men, X-Men 2, X-Men 3 : l'Affrontement final.
Avec Woody Allen : Annie Hall, FourmiZ, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Sexe...sans jamais oser le demander, Tout le Monde dit I love you.


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La réplique du film :

Sondra (Scarlett Johansson), parlant du métier de dentiste :
*_Remarquez, c'est un très beau métier. Je respecte les dents...et surtout les gencives !

# Posté le vendredi 02 février 2007 05:12

Modifié le jeudi 24 mai 2007 03:10